Location‑vente (location‑accession) : comprendre, comparer et décider si c’est pour vous
Au sommaire
- 1Location-vente: de quoi parle-t-on exactement ?
- 2Comment se calcule la redevance: ce que vous payez vraiment chaque mois
- 3Le contrat: ce que la loi impose et ce que vous devez vérifier chez le notaire
- 4Dépôt, séquestre, indemnités: comment éviter les mauvaises surprises
- 5Pendant la période de jouissance: vos droits et vos charges
- 6Financement: ce que vous devez préparer avant de signer
- 7PSLA: plafonds et avantages, en version lisible
- 8Mes conseils pour décider si c’est adapté à votre projet
La location-vente (ou location-accession) vous permet d’habiter un logement tout de suite, tout en préparant son achat plus tard. Concrètement, vous payez chaque mois une redevance composée d’une part « loyer » et d’une part « épargne » qui viendra en déduction du prix si vous décidez d’acheter.
En bref
- Vous avancez en deux temps: période de jouissance (vous occupez) puis levée d’option (vous achetez).
- Votre redevance contient une part acquisitive qui sert d’apport progressif et peut être restituée si vous renoncez, selon les clauses.
- Le cadre légal est posé par la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984: acte notarié obligatoire, dépôt encadré, règles de durée et de notification.
- Le PSLA peut ajouter des avantages (TVA à 5,5 % au lieu de 19,6 %, exonération possible de taxe foncière sur 15 ans), à condition de respecter des plafonds.
Location-vente: de quoi parle-t-on exactement ?
Le principe est simple: vous signez un contrat en deux phases. D’abord, vous occupez le bien comme un locataire, avec une logique de futur propriétaire. Ensuite, si tout est en place (financement, décision personnelle), vous levez l’option d’achat et la propriété est transférée.
Attention aux mots qui se ressemblent. On parle parfois de leasing immobilier ou de location avec option d’achat. Dans certaines configurations, ce « leasing » peut représenter environ 5 % du coût total du logement: c’est une donnée utile pour comparer, car ces montages n’ont pas tous les mêmes frais ni les mêmes sécurités.
La version la plus encadrée pour les ménages modestes, c’est le PSLA (Prêt Social Location Accession). Il s’agit d’un dispositif public avec plafonds et avantages spécifiques, dont je vous reparle plus bas.
Comment se calcule la redevance: ce que vous payez vraiment chaque mois
Votre paiement mensuel s’appelle la redevance. Elle se décompose en deux lignes, et c’est là que beaucoup de primo-accédants gagnent en clarté.
- Indemnité d’occupation: c’est la part « locative », comparable à un loyer.
- Part acquisitive: c’est la part « épargne », mise de côté pour réduire le prix à payer si vous achetez.
Exemple chiffré en PSLA, en zone B1: pour un logement à 210 000 € (surface utile 76 m2), la redevance est de 769,88 €, composée de 538,92 € de part locative et 230,96 € de part acquisitive. Si vous levez l’option avec un prêt à 2 % sur 25 ans, l’exemple donne une mensualité en phase acquisitive de 865 €.
Autre illustration: pour un prix de 215 000 €, une redevance de 1 000 € peut inclure une épargne de 200 € par mois au titre de la part acquisitive.
Sur la durée, la part locative peut être révisée selon l’IRL (Indice de Référence des Loyers). En pratique, cela signifie que le « loyer » peut évoluer, selon ce que prévoit le contrat.
Le contrat: ce que la loi impose et ce que vous devez vérifier chez le notaire
La sécurité d’une location-accession tient d’abord à sa forme: la signature devant notaire est obligatoire, et le contrat doit être publié. Je vous conseille de raisonner comme à Paris: un bon acte, clair, négocié, vaut souvent plus qu’une promesse « rassurante » à l’oral.
Ce que l’acte doit cadrer noir sur blanc: le logement concerné, le prix et ses modalités, la date d’entrée, le montant de redevance et sa révision, la façon dont la redevance s’impute sur le prix, les garanties, les conditions de paiement, la levée d’option, les indemnités d’annulation, les assurances, et les frais à la charge de l’accédant.
La durée est un point à ne pas traiter à la légère. La base à retenir: la durée ne peut pas être inférieure à 1 an et ne peut pas excéder 4 ans. Vous verrez parfois d’autres pratiques évoquées, mais si vous voulez une boussole, restez sur le cadre légal pour sécuriser la rédaction.
Autre règle simple à anticiper: vous devez informer le vendeur 3 mois avant le terme du contrat de votre décision, que vous achetiez ou non. Ce délai se prépare, car il se combine avec vos démarches bancaires.
Dépôt, séquestre, indemnités: comment éviter les mauvaises surprises
À la signature, un dépôt peut être demandé. La loi prévoit un maximum de 5 % du prix du bien. Dans la pratique, certains vendeurs demandent plutôt 5 % à 10 %. C’est précisément le type d’écart qui doit vous faire revenir au texte signé, pas aux usages.
Je recommande aussi de vous intéresser au compte séquestre: il sert à sécuriser l’épargne constituée via la part acquisitive, qui peut être conservée sur un compte dédié pendant la période. C’est une mécanique simple à comprendre et très concrète le jour où un aléa survient.
Sur les indemnités, vous croiserez des pourcentages différents selon les modèles: 1 %, 2 % du prix, ou encore 3 % dans certains cas. Retenez surtout la protection à exiger: aucune indemnité ne doit être due si vous renoncez parce que la banque refuse le financement, à condition que cela soit prévu proprement via une clause de financement et un refus bancaire justifié par écrit.
« La location-accession, ce n’est pas “payer un loyer en attendant”. C’est un montage contractuel: votre sécurité dépend de la clause de prêt, du séquestre et de la façon dont le prix est calculé le jour où vous achetez. »
Pendant la période de jouissance: vos droits et vos charges
Pendant la période locative, votre statut est hybride. Vous n’êtes pas encore propriétaire au sens juridique, mais vous pouvez être traité « comme un propriétaire » sur plusieurs aspects pratiques, notamment la participation à certaines décisions et la prise en charge de frais, selon le contrat.
Dans beaucoup de montages, il faut anticiper: taxe foncière, charges d’entretien et réparations peuvent vous incomber. De l’autre côté, le vendeur ne peut pas disposer librement du bien. Sur les charges de copropriété, certains points varient selon les configurations, d’où l’intérêt de vérifier la clause, ligne par ligne, avec votre notaire.
Financement: ce que vous devez préparer avant de signer
Le piège le plus fréquent, c’est de se projeter sur l’achat sans sécuriser le crédit. Mon conseil pragmatique: demandez un accord de principe bancaire avant de vous engager. C’est d’autant plus important qu’un chiffre circule dans le secteur: plus de 50 % des demandes de crédit immobilier seraient rejetées. Prenez-le comme un signal d’alerte opérationnel, pas comme une fatalité.
Au moment de lever l’option, vous pouvez mobiliser un prêt immobilier classique, et, selon votre situation, des dispositifs comme le PTZ (Prêt à Taux Zéro) et le Prêt Accession d’Action Logement. Côté repères, le corpus d’exemples mentionne des hypothèses de taux « à partir de 2,75 % », et l’exemple PSLA fonctionne sur 2 % sur 25 ans.
PSLA: plafonds et avantages, en version lisible
Le PSLA s’adresse aux ménages sous plafonds, avec une lecture basée sur le revenu fiscal de référence N-2. Il peut rendre l’opération plus accessible grâce à une TVA à 5,5 % (au lieu de 19,6 %), et une exonération possible de taxe foncière pendant 15 ans dans le neuf. Il peut aussi ouvrir l’accès au PTZ et au prêt Action Logement sous conditions.
Pour vous repérer, voici un tableau de plafonds de ressources (valeurs telles qu’indiquées) selon la composition du foyer et la zone.
| Foyer | Plafond 1 | Plafond 2 | Plafond 3 |
|---|---|---|---|
| Personne seule | 38 508 | 38 508 | 33 479 |
| 2 personnes sans personne à charge (hors jeune ménage) | 57 555 | 57 555 | 44 710 |
| 3 personnes ou personne seule + 1 personne à charge ou jeune ménage | 75 447 | 69 183 | 53 766 |
| 4 personnes ou personne seule + 2 personnes à charge | 90 078 | 82 871 | 64 910 |
| 5 personnes ou personne seule + 3 personnes à charge | 107 173 | 98 101 | 76 357 |
| 6 personnes ou personne seule + 4 personnes à charge | 120 598 | 110 396 | 86 055 |
| Par personne supplémentaire | +13 440 | +12 301 | +9 599 |
Dernier point à connaître: certains contrats prévoient une décote liée à la durée, avec une règle indicative d’environ 1 % par année de location. Là encore, c’est la rédaction contractuelle qui fait foi.
Mes conseils pour décider si c’est adapté à votre projet
Pour un primo-accédant, l’intérêt principal est de tester votre capacité à tenir une charge mensuelle tout en constituant un apport. En contrepartie, vous devez accepter une période où vous assumez davantage qu’un locataire classique, sans être encore propriétaire.
- Si votre priorité est d’acheter sans apport immédiat, regardez la part acquisitive, le séquestre et la clause de restitution en cas de renoncement.
- Si votre risque principal est le refus de prêt, négociez une condition suspensive d’obtention du financement et la règle « pas d’indemnité si refus bancaire ».
- Si vous visez le PSLA, vérifiez vos plafonds (RFR N-2) et la cohérence entre prix, redevance et zone.
Le Paris de l’Immobilier vous accompagne volontiers pour relire votre projet avec ces trois filtres, puis préparer les questions à poser à votre banque et à votre notaire, avant la signature.


